Columbus Monte-Carlo

Chambres design et lumineuses avec Wi-Fi gratuit, piscine extérieure et salle de sport.
L'hôtellerie monégasque se divise volontiers en deux camps — les palaces et le reste — et le Columbus Monte-Carlo démontre depuis plus de vingt ans que le second peut relever d'un choix assumé plutôt que d'un pis-aller. Installé à Fontvieille, le quartier résidentiel gagné sur la mer sous le règne de Rainier III, il cultive un calme très design à bonne distance de la place du Casino — et compta jadis le pilote de F1 David Coulthard parmi ses copropriétaires.
Le cadre
Fontvieille est le Monaco que la plupart des visiteurs ne voient jamais. Bâti sur des terre-pleins conquis sur la Méditerranée dans les années 1970 et 1980, c'est le quartier où la principauté vit réellement : une marina plus paisible que le Port Hercule, le stade Louis-II, un héliport en activité qui relie l'aéroport de Nice en sept minutes, et une promenade littorale filant vers Cap-d'Ail. Le Columbus borde la roseraie Princesse-Grace — des milliers de rosiers plantés en mémoire de la princesse — et ce voisinage donne le ton : ici, le matin sent la rose et l'espresso plutôt que les gaz d'échappement des voituriers. La contrepartie, c'est la distance. La place du Casino et le Carré d'Or sont à quelques minutes en voiture ou en bus, et le retour à pied se heurte à la topographie impitoyable de Monaco. Les hôtes qui y voient un atout plutôt qu'un défaut finissent souvent par devenir des habitués.
Chambres & suites
Ouvert au tournant du millénaire sous la houlette de l'hôtelier écossais Ken McCulloch, le Columbus parle la langue des boutique-hôtels qu'il a contribué à inventer avec Malmaison et Dakota : bois sombre, cuir, étoffes ajustées dans des tons marine et taupe, photographies plutôt que cadres dorés. On se croirait davantage dans un appartement milanais bien coupé que dans une pièce montée monégasque, et vingt ans plus tard, la formule n'a pas pris une ride. Aux étages supérieurs, les chambres exposées au sud regardent par-dessus la roseraie vers la mer, le cap d'Ail fermant le tableau ; d'autres donnent sur l'héliport — spectacle aérien garanti, mais aussi bruit de rotors en journée : les amateurs de grasse matinée demanderont le côté jardin. Les suites ajoutent un salon et des terrasses plutôt que des effets de manche. Rien ici ne cherche à éblouir ; tout est pensé pour fonctionner.
Tables
Le restaurant-bar du rez-de-chaussée prolonge l'assurance des lieux : une carte méditerranéenne fidèle aux classiques de la Riviera — poissons grillés, pâtes, salades généreuses à midi — qui accompagne le bord de mer au lieu de le concurrencer. Une cuisine honnête et bien exécutée plutôt qu'une destination gastronomique, et la terrasse face à la roseraie compte parmi les endroits les plus agréables de Fontvieille pour laisser filer un après-midi. Le quartier comble le reste : la marina de Fontvieille et le marché de la Condamine, à quelques pas, abritent certaines des tables les plus locales et abordables de Monaco, et les grandes salles à manger de la principauté — voir notre guide des restaurants de Monaco — sont à dix minutes en taxi.
Spa, piscine & plage
Sur ce chapitre, le Columbus a le mérite de la franchise. Pas de spa spectaculaire, pas de parcours de thalassothérapie, pas de plage privée aux parasols monogrammés : le bien-être se résume pour l'essentiel à une salle de fitness. Les nageurs vont à la mer : la plage Marquet, modeste plage de galets côté Cap-d'Ail, est accessible à pied, tandis que le Larvotto, à l'autre bout de la principauté, demande un bus ou un taxi. En échange, Fontvieille offre la roseraie au pied de l'hôtel et l'un des plus beaux parcours de course matinale de la Riviera, le long du littoral vers le sentier de Cap-d'Ail. Ceux qui tiennent au rituel de la piscine seront plus heureux dans un palace ; ceux qui préfèrent la mer n'y pensent même plus.
Service & atmosphère
Le service est l'atout discret du Columbus. L'équipe est réduite et fidèle : on vous appelle par votre nom dès le deuxième jour, les réservations de restaurant se règlent sans cérémonie, et l'on échappe à la chorégraphie en gants blancs qui transforme parfois les palaces monégasques en spectacles dont on serait le figurant involontaire. L'ère Coulthard a laissé un parfum de sport automobile — le bar se remplit encore de gens du paddock pendant la semaine de course — mais au quotidien, l'atmosphère reste résidentielle : ordinateurs ouverts le matin, rosé en terrasse à dix-huit heures. C'est l'un des rares hôtels de Monaco où l'on descend au petit-déjeuner sans se sentir mal habillé.
Pour qui
Les habitués de Monaco qui ont fait le tour des palaces et cherchent plus de calme ; les voyageurs d'affaires utilisant l'héliport voisin ; les spectateurs du Grand Prix qui préfèrent dormir hors du périmètre bruyant du circuit ; les couples sensibles au design plus qu'aux dorures. Les familles y trouvent aussi leur compte — roseraie, promenade de bord de mer et stade Louis-II sont à la porte. Pour un premier séjour avec carte postale garantie — la place du Casino à vos pieds, l'arrivée cérémonielle —, consultez d'abord notre guide où loger à Monaco ; le Columbus est l'adresse du second voyage, celle des connaisseurs.
Bon à savoir
De mai à septembre, avec une mention particulière pour septembre : mer encore chaude, foules dissipées, tarifs adoucis. Pendant le Grand Prix, le Columbus occupe une position singulière : Fontvieille se trouve hors du tracé, on rejoint donc son hôtel même routes fermées, et les tarifs, quoique majorés, restent nettement sous les niveaux pratiqués en bord de piste — en contrepartie, on regarde la course depuis une tribune, pas depuis son balcon. Réservez très tôt pour la semaine de course en mai et pour la fenêtre du Monaco Yacht Show fin septembre. Réserves honnêtes : la situation impose taxis ou bus (excellents) pour les soirées autour de la place du Casino ; les hélicoptères s'entendent en journée côté héliport ; et qui attend des prestations de palace — terrasses de piscine, circuits spa, beach clubs — trouvera l'offre spartiate. Ce que l'on achète ici : le calme, le design et sans doute le meilleur sommeil quatre étoiles de la principauté au juste prix, roses comprises.
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